La commercialisation de produits forestiers non ligneux (PFNL)  dans un contexte de pauvreté en zone forestière rurale peut fournir d’importants revenus aux populations locales, ainsi qu’aux négociants, transformateurs et distributeurs des zones urbaines. Nombre de personnes dans des communautés locales récoltent et transforment
les PFNL issus des exploitations agricoles, des jachères et des forêts parce
que la saison de la disponibilité est généralement courte et varie selon les
produits. L’utilisation des produits provenant de plusieurs sources permet
de diversifier les moyens de subsistance et de tirer de meilleurs avantages
des possibilités offertes par la nature.     Pourquoi les PFNL sont-ils importants ?
Une activité reposant sur l’exploitation durable des PFNL peut présenter
de nombreux avantages :
Les PFNL créent une valeur économique élevée et des emplois à grande
échelle. Des marchés dynamiques existent à l’échelle locale, régionale
et internationale, alors que ces produits restent en grande partie sousreprésentés
dans les statistiques nationales ou les chiffres de l’exportation.
Au Cameroun, au moins 25 grands marchés commercialisent des volumes
importants de PFNL (figure 1). On trouve les PFNL dans presque tous
les autres marchés, en petite quantité et pour un usage quotidien. Au
Cameroun, au moins 570 plantes et 110 espèces animales sont utilisées en
tant que PFNL. La valeur marchande de 45 principaux PFNL échangés au
Cameroun, notamment la viande de brousse, le poisson, le bois de chauffage et les produits à base de plante, est estimée à environ 1 028 milliards de
dollars américains par an. Sachant qu’au moins 283 000 personnes au
Cameroun et 70 000 en RDC travaillent dans des entreprises exploitant 15
des principaux PFNL, le chiffre total pour l’ensemble du secteur pourrait
être beaucoup plus important. Cela représente plus de la moitié des emplois
enregistrés dans le secteur forestier, au Cameroun comme en RDC.
Les PFNL sont un gage pour la sécurité alimentaire. 30 % des PFNL
récoltés au Cameroun et en RDC sont utilisés pour l’alimentation. Cela
inclut la viande de brousse qui fournit des protéines animales essentielles,
des légumes tels que les feuilles de baobab, des fruits à l’instar du safou,
des graines oléagineuses comme le moabi (Baillonella toxisperma), des
épices telles que le poivre sauvage et le njansang (Ricinodendron heudelotii)
et des stimulants comme Cola acuminate et Garcinia kola. Ainsi, dans la
province de l’Équateur en RDC, le fumbwa (Gnetum spp.) représente 6 %
des PFNL consommés dans les familles de récolteurs, et les consommateurs de Kinshasa en mangent environ une fois par semaine. Le coût d’un plat
de fumbwa dans un petit restaurant (accessible à différentes classes) de
Kinshasa est de 0,76 dollar en moyenne. Au Cameroun, un plat d’okok
dans le même type de restaurant coûte environ un dollar, ce qui en fait une
source alimentaire abordable.
Les PFNL sont importants pour la santé. Plus de 500 plantes au Cameroun
et en RDC sont utilisées localement à des fins médicinales. Dans les zones
rurales, ces plantes fournissent une source de soin importante et peu
onéreuse. Certains des PFNL affichant la valeur par volume la plus élevée
sont également exportés pour être utilisés par l’industrie pharmaceutique,
par exemple le pygeum (Prunus africana), le yohimbe (Pausinystaliayohimbe),
le moabi (Baillonella toxisperma) et le voacanga (Voacanga africana). Ce
secteur constitue une niche intéressante car une importante transformation
locale est nécessaire, ce qui devrait aboutir à des créations d’emplois et une
croissance durable des PMEF.

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